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Dr Etcheson : la créativité et le zèle des cadres de Pol Pot ont contribué à l'ampleur du désastre
Par Stéphanie Gée   
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28-05-2009

Alain Werner ©John Vink/ Magnum

Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 28 mai 2009. Alain Werner, avocat des parties civiles, au 23e jour du procès de Duch aux CETC
©John Vink/ Magnum

Après un pertinent retour notamment sur la torture et la pratique des aveux avec l'expert Craig Etcheson, l'audience du 28 mai aura donné lieu à un échange intense entre l'avocat international de Duch et l'expert américain. Durant toute l'après-midi, de manière méthodique, Me Roux abat ses cartes, esquissant les grandes caractéristiques du régime khmer rouge, en prenant soin à chaque nouveau point soulevé de requérir l'assentiment de Craig Etcheson : le Kampuchea démocratique était un "régime de terreur" reposant sur l'obligation du secret, un pouvoir extrêmement centralisé, l'endoctrinement systématique des membres du parti, des communications organisées selon une hiérarchie verticale, une politique d'espionnage et de délation, un Etat policier qui pratiquait des purges massives... Ce, jusqu'à attirer l'universitaire vers les conclusions que l'avocat en tire... (Version modifiée le 29 mai : un mot utilisé pour un autre... indiqué en italique dans le texte)


La pratique de la torture, une "tradition orale" encouragée
Revenant sur le sens à donner au terme khmer "écraser", qui revenait souvent dans la terminologie khmère rouge, l'expert Craig Etcheson, à la suite de l'accusé, reconnaît qu'il signifiait plus que tuer et était souvent traduit par "réduire en miettes". Cela, a-t-il expliqué, s'inscrivait dans un processus long visant non seulement à écraser physiquement mais aussi psychologiquement, et ce qui se pratiquait à S-21 était "idéalement adapté à la déshumanisation de la psyché de l'individu". Une politique en matière de torture était-elle clairement exprimée ?, l'interroge ensuite Me Werner, co-avocat du groupe 1 des parties civiles. "Jamais je n'ai vu un ordre ou une directive du Comité central ordonnant explicitement la torture", répond l'Américain, soulignant, sur la base de différentes déclarations, que les dirigeants du régime khmer rouge souhaitaient expressément que de grandes souffrances soient infligées à leur ennemis.  

Qui a conçu ces techniques de torture ?, lui demande l'avocat. "Nous nous sommes longtemps interrogés sur ce point. La plupart du temps, elles ont été développées avec la pratique, héritées de celles utilisées par les communistes vietnamiens. C'était comme une sorte de tradition orale." Et pour l'universitaire, Duch en a été le principal formateur. "Au niveau des centres de sécurité des zones, secteurs et districts, la gamme de tortures pratiquées semblait se limiter aux passages à tabac, coups de fouet, suffocations par sac plastique et électrocution. A S-21, il existait des techniques supplémentaires comme les brûlures, l'arrachage d'ongles, [...], le dépôt de sel sur des plaies ouvertes, le recours à des insectes venimeux, différentes sortes de techniques recourant à l'eau, le ligotage des mains dans le dos et la suspension jusqu'à la dislocation des épaules, etc."  

De l'usage du contenu des confessions
Le président Nil Nonn intervient alors pour rappeler à toutes les parties que "toutes les déclarations établies sous la torture ne doivent pas être invoquées comme preuves dans la procédure sauf comme une preuve que la confession a été arrachée sous la torture". Il ne s'agit pas d'une décision formelle mais de clarifications, précise la juge Cartwright, ajoutant qu'un tel aveu est en soi un fait admissible mais que son contenu ne peut être accepté comme une véritable déclaration. Le co-procureur international glisse que cette question de l'utilisation des confessions est actuellement devant les juges d'instruction dans le cadre du dossier 2. L'enjeu est de taille pour la suite des débats.

La pratique des aveux poussée à l'extrême à S-21
Autre spécificité de S-21, explique le Dr Etcheson en réponse à une série de questions pertinentes de Me Werner, les procédures d'interrogatoires étaient plus rigoureuses et davantage élaborées qu'ailleurs "en raison de la nature même des personnes interrogées, à savoir pour la plupart des révolutionnaires chevronnés qui pouvaient s'exprimer sur plus de sujets d'importance". Dans cette antichambre de la mort, certains aveux ont été obtenus sur plusieurs mois et pouvaient comporter au final quelque mille pages, ce qui est incomparable à ce qui se faisait dans les autres centres de sécurité, ajoute-t-il.

Les annotations, la marque de Duch
Les annotations sur les confessions par les cadres khmers rouges, là encore, étaient plus fournies à S-21. Et Duch en est l'auteur d'une multitude mais, reconnaît l'expert, il ne se souvient pas de l'existence d'annotations attribuées à son prédécesseur à la tête de S-21, Nath. Leur pratique ne semblait pas venir d'un ordre mais de l'initiative de Duch qui, rappelle Craig Etcheson, a été enseignant et donc habitué à annoter les copies de ses élèves, et a pu poursuivre cette habitude dans ses nouvelles fonctions d'interrogateur.

Et il en existait toute une variété, détaille l'expert. Certaines semblaient avoir la même fonction qu'une feuille de routage, à savoir qu'on y trouvait des informations sur le destinataire des aveux, d'autres ressemblaient à des aide-mémoire pour l'accusé (comme "déjà lu", "à terminer" ). Il y en avait qui portaient des instructions à l'intention des interrogateurs, par exemple pour les enjoindre à chercher un certain type d'information ou de recourir à la torture. D'autres sont plus analytiques, résumant et analysant les aveux, d'autres abordent des aspects plus larges d'une enquête en cours conduite à S-21 et qui dépassent le champ de l'aveu, d'autres encore s'apparentent à des notes portées par des supérieurs comme Son Sen ou Nuon Chea., etc.

Des confessions modulables
Devant la Chambre de première instance lundi 18 mai, l'accusé a dit lui-même que des personnes intervenaient sur les confessions, à savoir qu'elles modifiaient les aveux avec un stylo. Le comité permanent avait décidé de ne pas prendre de mesures contre Ta Mok ni Son Sen, pourtant impliqués dans des aveux, avait cité en exemple Duch, pour donner une idée de la manière dont les aveux étaient montés de toutes pièces, et lorsqu'on souhaitait arrêter une personne, on s'arrangeait pour orienter les aveux à cet effet, rappelle Me Werner. "Je pense qu'au-delà de la déposition de l'accusé, c'est quelque chose qui est survenu dans certains cas, admet Craig Etcheson. [...] Il est difficile de prouver qui s'adonnait à ces corrections mais les hauts dirigeants du régime, à savoir Son Sen, Nuon Chea, et peut-être même Pol Pot, ont pu être responsables de telles interventions."

Une paranoïa alimentée par la chasse aux ennemis
Si les purges ont été généralisées au sein de l'Armée révolutionnaire du Kampuchea (ARK), l'expert estime que "c'est la teneur des aveux obtenus à S-21 qui a convaincu les supérieurs hiérarchiques de l'existence de conspiration contre eux de la part de plusieurs responsables militaires". Lui rappelant ses propos de la veille - à savoir que les purges au ministère de l'Economie pouvaient s'expliquer par la paranoïa du comité permanent et un système de dépistage systématique des ennemis, mis en place par l'accusé -, Me Werner demande à l'expert si ce système a pu avoir alimenté et renforcé la paranoïa du comité permanent. "C'est un bon exemple d'un système de boucle de rétroaction, répond Craig Etcheson. Le système s'alimente lui-même et génère ce genre de phénomène avec une énergie de plus en plus grande."

Duch épargné par les purges
Me Werner poursuit son interrogatoire. Observant que la plupart, si ce n'est l'ensemble, des directeurs de centres de sécurité du Kampuchea démocratique ont été victimes de purges ainsi qu'une proportion importante du personnel de S-21, il s'étonne que Duch n'ait pas connu le même sort. "Selon moi, commente l'expert, l'accusé n'a pas été purgé car ses supérieurs le considéraient comme efficace et loyal."

Comment mesurer le centre de sécurité le plus important
C'est au tour de la défense de questionner le témoin-expert. L'avocat cambodgien de Duch se lance le premier et lui demande quel était le centre de sécurité le plus important en taille sous le Kampuchea démocratique. "Si l'on mesure la taille à l'aune des effectifs, c'est indéniablement S-21, répond Craig Etcheson, si on la mesure en fonction du nombre de victimes qui y ont été persécutées et tuées, alors il est plus difficile de procéder à une comparaison, d'autant que très peu d'archives de ces centres ont survécu avec autant de détails que S-21." Ce n'est pas la réponse qu'attendait l'avocat qui fait valoir que, si S-21 comptait un personnel nombreux, c'est qu'il englobait trois sites, ce qui impliquait toute une logique d'approvisionnement. Et pour lui, le centre le plus important est celui où le plus grand nombre de personnes ont perdu la vie.

L'Angkar expliqué par Craig Etcheson

Me Savuth passe outre et invite l'expert à définir ce qu'était l'Angkar. "Le Parti communiste du Kampuchea [PCK] a adopté l'usage du terme 'Angkar', qui signifie en khmer 'organisation', à la suite du Parti communiste vietnamien qui l'utilisait. A différentes époques, pour différentes personnes du PCK, ce terme a revêtu un sens complètement différent. Pour certains, il désignait l'ensemble de l'organisation du PCK du Kampuchea démocratique, pour d'autres, il renvoyait à tout membre du PCK, ou encore aux plus hauts dirigeants du PCK... [...] et parfois il faisait référence seulement à Pol Pot ou parfois à Pol Pot et à Nuon Chea."

Un régime de terreur
Son collègue international prend la suite. Avant de se lancer, Me Roux demande à Craig Etcheson un engagement moral : "D'une part, en l'état de vos connaissances de chercheur et, d'autre part, de vos fonctions actuelles auprès du Bureau des co-procureurs, pensez-vous être en mesure de répondre à mes questions de façon totalement libre et indépendante, y compris si les réponses que vous deviez apporter étaient contraires à la stratégie du bureau des co-procureurs ?" "Oui, je le crois", répond l'expert.

Ainsi invité à définir ce qu'est un régime de terreur, l'expert s'exécute : "Je définirais un régime de terreur comme un gouvernement ou une organisation similaire qui emploie des méthodes arbitraires et violentes pour obtenir l'obéissance de ses membres et des populations qu'il souhaite contrôler." "C'est une définition qui cadre bien avec le régime du Kampuchea démocratique ?", rebondit Me Roux. "C'est une question que vous me posez... ?" "Oui, c'en est une", répond l'avocat. "Je pense que les dirigeants du Kampuchea démocratique ont explicitement employé la terreur comme moyen de contrôle", admet l'expert.

A ce jeu, dans lequel l'entraîne l'avocat, Craig Etcheson se contente de répondre strictement aux questions, sans jamais s'égarer. Et reste imperturbable.

Duch avait une perspective unique du Kampuchea démocratique
Un peu plus tard. Me Roux : "Et tout ce qui a été mis en place était cloisonné, dans le secret, de manière verticale, pour que le centre du parti soit le seul organe qui sache ce qui se passait dans le pays ?" Craig Etcheson : "En général, oui, bien qu'il y ait pu avoir des exceptions à cette règle générale. L'exception qui me vient immédiatement à l'esprit est l'accusé. Bien que, officiellement, il n'était pas un membre du centre du parti, il a eu la possibilité d'interroger des membres de toutes les organisations à tous les échelons et à travers tout le pays. Il a ainsi pu obtenir une perspective unique de ce qui se passait au Kampuchea démocratique."

Duch, étranger à la détermination de la politique du PCK ?
L'avocat revient également sur des propos tenus la veille par l'expert : "Vous avez dit [...] : le fait que la communication entre chefs de divisions et S-21 devait passer dans une structure verticale, tel que le décrit l'accusé, ce schéma est totalement conforme- ce sont vos mots - à la façon dont j'ai compris le strict monopole du PCK au sein du parti, de l'organisation et de l'institution militaire. [...] Je ne me trompe pas...?" "Oui, c'est exact", répond l'expert.

 

Image
Kambol (Phnom Penh, Cambodge), le 28 mai 2009. Technicien réparant le système sonore dans la salle de presse au 23e jour du procès de Duch aux CETC
©John Vink/ Magnum


Puis l'avocat français finit par resserrer l'étau autour de son client qui, replacé dans ce noir tableau, n'a pu, veut-il convaincre, agir sur ce système qui lui échappait et dont toute contestation aurait été pénalisée par une mort certaine. "Après ce survol, voici ma question : êtes-vous d'accord avec moi, je suppose, pour dire que toute cette politique dont nous parlons depuis une heure, a été mise en place par les dirigeants du PCK, très tôt, vous avez dit avant même le 30 mars 1976 [date de décisions importantes prises par le comité permanent], sans que Duch ait pris le moindre rôle dans la détermination de cette politique ?" Craig Etcheson ne peut acquiescer : "Je ne suis pas certain qu'on puisse dire cela. A certaines périodes, au début du régime, entre le 17 avril 1975 et l'ordre d'établir S-21 le 15 août 1975, on ne sait pas où se trouvait l'accusé et quelles sont les tâches qu'il a pu accomplir pendant ce laps de temps." Me Roux continue dans la même voie : "Est-ce que l'accusé a jamais été membre du comité permanent du PCK ?". "Je ne le crois pas", répond l'expert. L'avocat enfonce le clou : "Il me semblait avoir lu dans votre rapport que c'était le comité permanent qui décidait des politiques". "Effectivement, c'était le cas", répond l'Américain.

Me Roux cherche inlassablement à rallier l'expert à son argumentation : "Est-ce que, pour toute cette politique à la base, telle que vous la décrivez, est-ce que vous êtes d'accord avec moi pour dire que tout cela échappe à la compétence de Duch ?". "Je ne suis pas d'accord", assène l'expert. Et ainsi de suite.   

Une classification des centres de sécurité impossible selon l'expert
Rappelant que le Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam) - ONG dont Craig Etcheson a participé à la mise en place -, a établi des listes de près de 200 centres de sécurité répartis dans le pays sous le Kampuchea démocratique, à ce jour identifiés, et de leur classification par nombre de victimes, l'avocat français demande à l'expert "de dire à la Chambre, dans cette comptabilité macabre, quelle place occupait S-21" s'il a connaissance du document. Craig Etcheson ne veut pas s'aventurer dans cette voie, expliquant que, lorsqu'il a commencé ces travaux, le DC-Cam n'avait aucune expérience et n'a pu s'appuyer sur d'autres expériences du genre menées ailleurs et il ajoute considérer par conséquent que certaines des données doivent être regardées comme "non fiables". Réaction de Me Roux : "Merci des réserves que vous exprimez au sujet des documents du DC-Cam ! [...] Mais vous n'avez pas répondu à ma question..."

Le co-procureur international proteste : "c'est une tentative de verser au dossier un document qui n'y est pas !" Absolument pas, rétorque l'avocat de la défense, "j'interroge un expert sous serment ! Il en a connaissance, oui ou non !". Réponse de Craig Etcheson : "Non !"

Le pouvoir d'innovation et le zèle de Duch
Les choses étant posées, l'avocat de Duch annonce vouloir "prendre de front" certaines questions cruciales. Revenant sur un commentaire de l'expert fait hier en audience sur le rôle de Duch et de sa "méthodologie" dans les purges, François Roux demande à l'expert "en quoi la méthodologie utilisée par Duch serait-elle différente de la ligne imposée par le PCK et en quoi relèverait-elle d'initiatives propres et personnelles". L'expert : "[...] Je crois comprendre [...] que l'accusé a fait preuve de beaucoup de créativité et d'innovation et a institutionnalisé les méthodes qu'il a mises au point pour obtenir des aveux très circonstanciés, arrachés sur des périodes très longues au point que dans certains cas, les victimes étaient contraintes de nommer toutes les personnes qu'elles avaient pu connaître. Ces listes de noms étaient utilisées pour arrêter de nouveaux réseaux de traîtres, auxquels le même processus était appliqué, et vous assistez à une croissance très vite exponentielle du nombre de traîtres accusés et de victimes de purges. C'est en partie le zèle avec lequel l'accusé a mis en place ce projet qui explique que cela ait résulté, avec cette méthodologie, en un grand nombre de victimes. D'une part, les politiques du comité permanent ont certainement joué un rôle dans le développement de cette tragédie [et non pas stratégie comme écrit par erreur] et, d'autre part, la créativité, le pouvoir d'innovation et le zèle des cadres qui mettaient en place ces politiques ont aussi contribué de manière substantielle à l'ampleur du désastre". "Avaient-ils le choix ?", demande Me Roux. "Comme je l'ai déjà dit, on a toujours le choix. " Et êtes-vous d'accord avec moi que, aujourd'hui, il [Duch] est toujours en vie ?", enchaîne Me Roux. "Oui, il l'est !"

S-21, "sous tutelle absolue des supérieurs hiérarchiques", selon la défense
Le co-procureur réagit brusquement, estimant que la question de la défense implique qu'il n'y aurait que deux choix s'offrant à un cadre du PCK - "la mort ou le devoir" - alors qu'il existe peut-être d'autres voies, comme la "fuite". Me Roux le rabroue : "Monsieur le procureur, l'heure n'est pas au réquisitoire !" Puis l'avocat confie avoir tiqué à l'expression "pouvoir d'innovation" utilisée par l'expert. "Je n'ai pas l'impression que du haut jusqu'en bas de l'échelle de la chaîne, quelque cadre que ce soit pouvait se permettre des innovations sans qu'elles lui aient été très fortement demandées par sa hiérarchie" Et il ajoute que, pour sa part, "le meilleur terme applicable à S-21 était qu'il était sous tutelle absolue des supérieurs hiérarchiques".

La place de S-21 dans le gouvernement
A la demande de Me Roux, Craig Etcheson a revu un organigramme du gouvernement du Kampuchea démocratique sur lequel figure S-21 pour y ajouter des organismes subordonnés à l'état-major, les divisions militaires, les régiments indépendants et deux bureaux de l'état-major. Plus tôt, l'expert avait expliqué avoir considéré S-21 non pas comme une unité combattante mais de renseignement, et trouvé plus judicieux de l'inclure dans l'organigramme du gouvernement plutôt que dans celui décrivant l'Armée révolutionnaire du Kampuchea. Le tableau corrigé est présenté en fin d'audience. "La défense avait à l'esprit vos déclarations, Monsieur l'expert; indiquant que tous les secrétaires de divisions étaient des supérieurs à Duch or, là, je les vois en bas du tableau, ça me gêne ! J'aurais aimé aussi voir apparaître l'état-major de l'Armée révolutionnaire du Kampuchea ! [...] Je ne comprends pas. Vous venez de me dire que votre rapport, au moment où vous l'avez fait, était un rapport général qui ne portait pas spécifiquement sur S-21 or vous le mettez dans ce tableau à une place qui n'est pas la sienne et vous omettez dans ce tableau un certain nombre de personnes qu'on aurait aimé y retrouver à leur juste place." Et après un silence. "J'ai oublié de vous dire une chose, je n'aime pas et je n'ai jamais aimé les bouc-émissaires !"

L'audience est suspendue, et ne reprendra que le 8 juin. A la reprise, Duch sera interrogé sur les faits portant sur la mise en oeuvre de la politique du PCK à S-21, en l'absence de son co-avocat Me Roux, qui a annoncé en audience qu'il ne serait pas là jusqu'au 11 juin, retenu par ses nouvelles fonctions auprès du Tribunal spécial pour le Liban.

 

 


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