Ka-set
Ka-set est un site d'information indépendant mis à jour quotidiennement en français et en khmer sur le Cambodge et les Cambodgiens d'ailleurs.
Bookmark and Share

Derniers commentaires

Rendez-vous

Central Phnom Penh by cyclo / Central Phnom Penh
→dim mar 14 @ 08:30
The World / Meta House
→dim mar 14 @ 19:00
Twilight: New Moon / The Flicks
→dim mar 14 @ 20:00

Alerte

Recevez les derniers articles par courriel



 
 
Le Cambodge, future terre d'asile des exilés climatiques vietnamiens ?
Par Laurent Le Gouanvic   
Convertir en PDF Version imprimable Suggrer par mail
20-06-2009

Cambodge - Prey Veng - Tempête ©John Vink/ Magnum

Neak Leung (Prey Veng, Cambodge), le 16 novembre 2002. Tempête près de l'embarcadère de Neak Leung, sur la route du Cambodge vers le Vietnam
©John Vink/Magnum

Le Cambodge croulera-t-il sous le poids de milliers d'exilés vietnamiens affamés, fuyant des champs dévastés par des flots rugissants ? Tant redoutée par les Cambodgiens, l'invasion de leur territoire par les enfants de l'Oncle Ho pourrait résulter non plus de belliqueuses ambitions territoriales mais des conséquences dramatiques du réchauffement climatique, contraignant à l'exode des paysans dont les terres sont peu à peu rongées par la mer. Si le scénario d'un afflux soudain et massif de migrants vietnamiens en terre khmère paraît aujourd'hui improbable, plusieurs rapports récents pointent les risques environnementaux majeurs auxquels seront confrontées les populations du delta du Mékong au cours des prochaines décennies. Un nouveau défi pour ces deux Etats de la péninsule indochinoise, après une longue histoire commune déjà bien mouvementée.


Prédire l'avenir avec les cartes : c'est ce à quoi se sont attelés des chercheurs de l'Université des Nations unies, de l'ONG Care International et de l'Université américaine Columbia dans un rapport publié en mai 2009 intitulé "A la recherche d'un abri : cartographier les effets du changement climatique sur les migrations et déplacements humains". Documents et statistiques à l'appui, les trois auteurs tentent de comprendre et d'expliquer "comment les pressions et les chocs environnementaux, et plus particulièrement ceux liés au changement climatique, peuvent conduire des gens à quitter leurs habitations pour chercher des 'pâturages où l'herbe serait plus verte'... ou simplement pour survivre". Sur les huit cartes censées présenter des régions du globe particulièrement vulnérables et emblématiques des changements à l'œuvre, deux évoquent les conséquences des bouleversements climatiques dans les pays où coule le Mékong.

Des sources au delta du Mékong
L'une d'elles figure l'immense chaîne de l'Himalaya, véritable "château d'eau de l'Asie" en raison de la présence de gigantesques glaciers où naissent des fleuves mythiques et vitaux tels le Gange, l'Irrawady et le Mékong. Ces glaciers, qui constituent des réserves d'eau naturelles, fondent à un rythme inquiétant, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Et cette fonte accélérée risque de mettre en péril la survie de millions de personnes vivant le long des fleuves, parmi lesquelles des centaines de milliers de Cambodgiens et de Vietnamiens dont les terres agricoles sont soumises aux caprices du Mékong.

La fonte rapide des glaciers du plateau tibétain, soulignent les auteurs du rapport, provoquera selon toute probabilité d'importantes inondations, dans un premier temps, principalement en aval, soit dans le delta du Mékong, au Vietnam et au Cambodge. A ces crues désastreuses risquent de s'ajouter, dans un second temps, les conséquences de constructions de nouveaux barrages hydroélectriques, en amont, ouvrages qui profiteront momentanément de flux importants mais tendront, avec le temps, à priver les habitants situés en aval de ressources hydrauliques qui s'amenuiseront. Un drame qui est déjà en train de se jouer, est-il souligné dans ce rapport.

Des inondations de plus en plus dramatiques
Si les inondations font depuis longtemps partie du quotidien des habitants du delta du Mékong, dont la vie est rythmée par les flux et reflux du fleuve, leur niveau et leur fréquence tendent à augmenter et posent de plus en plus problème. "La dégradation de l'environnement, et particulièrement les impacts des inondations, constituent l'un des facteurs d'exode rural et de déplacement dans le delta du Mékong du Vietnam", affirment les auteurs, citant les témoignages de Vietnamiens installés au Cambodge, à Phnom Penh, interrogés dans le cadre d'une étude de terrain menée entre octobre et décembre 2007 pour le programme de "Scénarios sur les changements environnementaux et migrations forcées" (Each-For).

"Les catastrophes se produisaient si souvent [dans ma région d'origine], expliquait alors l'un des 32 migrants vietnamiens installés dans la capitale cambodgienne interviewés lors de cette enquête. Ma famille a perdu sa récolte [et] a dû emprunter de l'argent. Maintenant, [elle] n'est plus capable de rembourser son emprunt, alors je suis venu travailler ici pour aider ma famille à payer sa dette." Parmi ces 32 personnes - un échantillon non représentatif de l'ensemble des immigrés vietnamiens au Cambodge - les trois quarts citaient spontanément des problèmes liés à l'environnement naturel parmi les causes ayant influé sur leur décision de quitter leur foyer. La moitié d'entre elles affirmaient même que les problèmes écologiques avaient été à l'origine de leur départ. "Les tempêtes et les inondations avaient lieu tout le temps, alors nous avons décidé de migrer pour gagner notre vie", confiait ainsi un de ces exilés interrogés.

Du changement climatique au trafic d'êtres humains
Dans cette même étude, un médecin vietnamien opérant à Phnom Penh relatait des situations plus dramatiques encore : certaines familles vietnamiennes iraient jusqu'à vendre leurs filles à des réseaux de prostitution au Cambodge pour assurer leur survie, après avoir vu leurs récoltes détruites par des inondations successives. Un constat qui, sans autoriser une quelconque généralisation, pointerait un effet inattendu du changement climatique : la hausse du trafic d'êtres humains. Le lien entre les deux phénomènes, sans avoir été réellement mesuré, existe bien, concluent les rédacteurs.

Les mondes engloutis
Aux craintes suscitées par la fonte des glaciers de l'Himalaya, s'ajoute une autre menace, celle-ci bien plus localisée et traitée dans une autre carte du rapport "A la recherche d'un abri..." : l'élévation du niveau de la mer. Là encore, les chercheurs de l'UNU, de Care et de l'Université de Columbia reprennent les conclusions d'une précédente étude réalisée par la Banque mondiale, laquelle affirmait que le Vietnam, compte tenu de sa population dense et des zones agricoles menacées, était l'un des deux pays risquant d'être le plus durement frappé par une hausse du niveau général des eaux maritimes.

"Dans le futur, un Vietnamien sur dix devrait être confronté à un déplacement dû à l'élévation du niveau de la mer dans le delta du Mékong", souligne le rapport de mai 2009, sur la base des prévisions avancées en février 2007 par les experts mandatés par la Banque mondiale. C'est que, aujourd'hui, le delta du Mékong n'abrite pas moins de 18 millions d'individus, soit 22% de la population totale du Vietnam. Cette région est aussi et surtout le grenier agricole du Vietnam, où se trouvent environ "40% des terres cultivées" de ce pays qui fournissent "la moitié de sa production rizicole nationale et 80% de sa production fruitière".

Deux mètres de plus, 14 millions de migrants
Si le niveau global de la mer venait à augmenter de 2 mètres, spéculent les auteurs, près de 14,2 millions de Vietnamiens - un chiffre supérieur à la population totale du Cambodge, actuellement de 13,4 millions - verraient leurs terres entièrement submergées ! De quoi faire frémir. Surtout lorsque ces chiffres sont lus à l'aune des propos introductifs de ce rapport : "(...) les sociétés affectées par le changement climatique risquent de se retrouver enfermées dans une spirale négative de dégradation écologique, jusqu'à l'effondrement des filets sociaux de sécurité alors que les tensions et la violence augmenteront. Dans ce scénario du pire, qui n'est que trop probable, de nombreuses personnes seront contraintes de migrer pour assurer leur survie immédiate."

Le Vietnam mais aussi l'ensemble de la région, et donc le Cambodge, se trouveraient par conséquent confrontés à une crise migratoire et humanitaire sans précédent susceptible d'avoir des répercussions sur le plan économique et politique. Lui-même soumis à la sécheresse, dans des zones qui en souffrent déjà, et à des périodes d'inondations, le royaume khmer serait ainsi, en plus, confronté à l'afflux massif de paysans vietnamiens indésirables et prêts à tout pour garder la tête hors de l'eau.

Des conséquences imprévisibles
Ce scénario catastrophe, qui table sur une hausse du niveau de la mer de 2 mètres, est toutefois une extrapolation qui est loin de faire l'unanimité. Les différents schémas retenus par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), dans le rapport de 2007, qui sert de référence en la matière, prévoient un réchauffement global d'ici à 2099 oscillant entre +0,6oC et +4oC. Ces augmentations entraîneraient, selon les différentes prévisions envisagées, une hausse du niveau de la mer de 0,18 à 0,59 mètre d'ici à la fin du siècle. Des chiffres qui sont eux-mêmes à prendre avec des pincettes, avertit le GIEC, qui livre là des scénarios ne tenant pas compte d'une "évolution rapide dynamique de l'écoulement glaciaire" : "les valeurs supérieures des fourchettes ne doivent pas être considérées comme les limites supérieures de l’élévation du niveau de la mer", souligne-t-il. "Si l’on a tenu compte de l’accroissement de l’écoulement glaciaire au Groenland et en Antarctique aux rythmes observés entre 1993 et 2003, le phénomène pourrait [...] s’accélérer ou ralentir..." Accélération ? Ralentissement ? Difficile, dans ces conditions, de prévoir quel sera l'état des terres agricoles dans le delta du Mékong, au cours des cinquante prochaines années.

Faire réagir les gouvernants
Les prévisions les plus pessimistes présentent donc au moins un intérêt : celui de faire réagir les gouvernements des pays concernés pour, à défaut de lutter seuls contre les changements climatiques, anticiper et s'adapter. Ainsi les autorités vietnamiennes ont-elles décidé de mettre sur pied un programme destiné à maîtriser les mouvements de population liés aux nouveaux phénomènes environnementaux, intitulé "Vivre avec les inondations", qui consiste à reloger des familles installées dans des zones vulnérables. Le défi est de taille : ces opérations de relogement sont lourdes, puisqu'elles requièrent non seulement de trouver des terres disponibles mais aussi de s'assurer que les familles déplacées auront accès à des nouveaux moyens de subsistance et des infrastructures sociales, sanitaires et scolaires.

Au Cambodge, le gouvernement a élaboré, dès 2006, un "Programme d'action national d'adaptation au changement climatique", censé coordonner les différentes opérations et informations dans ce domaine. Malgré cela, le royaume apparaît comme l'un des Etats asiatiques les moins bien préparés, d'après la "Cartographie de la vulnérabilité au changement climatique en Asie du Sud-Est" publiée en janvier 2009 par le Programme d'économie et d'environnement pour l'Asie du Sud-Est. Le Cambodge serait le pays à la "capacité d'adaptation" la plus faible de la région. Bien que moins exposé que d'autres territoires aux tempêtes et aux catastrophes naturelles, le pays risque d'être le plus affecté, après les Philippines, par les changements climatiques, compte tenu de ses faibles capacités d'adaptation.

A l'échelon régional, une prise de conscience tiède
Enfin, au niveau régional, le sujet du réchauffement global et des émissions de CO2 se fait timidement une place sur le devant de la scène. Les 16 et 17 juin, la Banque asiatique de développement chapeautait une rencontre au sommet sur le changement climatique en Asie et dans le Pacifique, alors que cette institution annonçait le doublement, à compter de 2013, de ses investissements dans les "énergies propres". Un long chemin reste toutefois à parcourir avant que la question des déplacements internes et transfrontaliers de population ne soit attaquée de front.



"Réfugiés" ou "migrants" climatiques, derrière les mots des enjeux vitaux
Alors que certaines organisations parlent de "réfugiés climatiques", le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) rappelle que le mot "réfugié", tel que défini dans la Convention de Genève de 1951 sur le statut des réfugiés, ne concerne d'un point de vue légal que les personnes ayant quitté le pays de leur nationalité en raison de persécutions ou de la crainte fondée de persécutions. Selon cette définition officielle, ne peuvent donc être considérés comme réfugiés des individus ayant quitté leur lieu de vie pour des raisons économiques ou environnementales. Les expressions "migrants ou déplacés environnementaux" sont donc utilisées dans le jargon officiel. L'Organisation internationale des migrations (OIM) retient ainsi la définition suivante : “On appelle migrants environnementaux les personnes ou groupes de personnes qui, pour des raisons impérieuses liées à un changement environnemental soudain ou progressif influant négativement sur leur vie ou leurs conditions de vie, sont contraintes de quitter leur foyer habituel ou le quittent de leur propre initiative, temporairement ou définitivement, et qui, de ce fait, se déplacent à l'intérieur de leur pays ou en sortent”. Les enjeux qu'impliquent ces termes et leurs définitions vont bien au-delà des aspects linguistiques : une personne bénéficiant du statut de réfugié a le droit d'être accueillie sur le territoire des pays signataires de la Convention de Genève, droit auquel ne peuvent prétendre actuellement les "migrants économiques" et "environnementaux". L'UNHCR réclame ainsi une réflexion globale sur le statut de ces nouveaux migrants pour assurer leur protection et, éventuellement, se voir confier des responsabilités nouvelles... et les fonds nécessaires.


Egalement sur Ka-set
Kompong Thom © John Vink / Magnum

 

Mille et une façons de s'adapter aux effets du changement climatique (04-01-2008)

- Concilier business et environnement : le pari du Géres (17-04-2008)

- Pr Lek Sovan : "Les impacts du réchauffement climatique au Cambodge risquent d'être énormes" (05-09-2008)

- Au Cambodge, mise à jour d'une biodiversité exceptionnelle sur une section du Mékong (15-01-2009)

- Ressources naturelles "à vendre" au Cambodge: Global Witness frappe à nouveau (10-02-2009)

 


5 Commentaire
Par Jean-Noël Juttet 2009-06-21 07:55:19
Des articles de cette qualité font honneur à votre site. C'est du très bon journalisme, de ce journalisme dont se détournent de plus en plus les grands quotidiens français. Bravo et merci.
jnj
Par Anonyme 2009-06-23 14:22:59
En effet... Depuis que je lis Ka-Set, c'est le premier article que je trouve vraiment intéressant. Merci !
Par Anonyme 2009-06-29 23:22:21
Bonjour,

Je consulte réguliérement votre site, mais, là, je trouve vraiment cet article d'une qualité journalistique majeure .Article tellement plausible,qu'il m'en ai venu froid dans le dos.
Bravo, continuer...
Cordialement,
Jean
Nice, France
Par Pour le non retour! 2009-07-02 00:11:29
Il m'était arrivé de voyager avec un "citoyen" cambodgien détenteur de trois passeports de l'Etat du Cambodge, du Vietnam (en tant que Officier Boldoï & vietnamien d'origine); il s'appelait LÊ Vanh ...
Actuellement, tout ceci n'est que pour la forme; les frères des "mille années" sont basés autant à Kandal Stung qu'à Saang et ailleurs.
C'est la "River no return!".
Aucun "dirigeant" khmer de nos jours n'y sont en vue.
Au moins de GRC de HUN Sen n'y fait pas de discrimination.
Par Chenis 2009-07-03 16:13:05
En écoutant ce criminel et assassin du peuple et en observant ses réactions et ses gestes à travers les audiences,On a l'impression que Duch, ce Sino-khmer, qui n'a plus sa place au sein de la société khmère aujourd'hui pour ne pas dire plus, continue de se prendre pour un important personnage de l'Etat devant qui chaque humble cambodgien doit s'incliner comme du temps où
Pol Pot régnait par la terreur et la violence infligées principalement à ses compatriotes.

Le Royaume du Cambodge qui a offert l'asile à ses parents, immigrés chinois fuyant une Chine misérable du siècle dernier où des chinois mouraient de famine.
Le Cambodge qui lui a ensuite donné une éducation, une instruction, un métier.

Devenu enseignant, tout ce que Duch, ce sino-khmer trouve pour remercier le Cambodge , c'est de s'aligner sur la politique de la Chine dont la visée colonialiste sur le sud-est asiatique est un secret de polichinelle et de devenir assassin et tortionnaire du peuple khmer.


A travers cet exemple d'une intégration complètement ratée des chinois au Cambodge, on ne peut s'empêcher de s'interroger sur la loyauté des sino-khmers et lorsqu'on sait que des sino-khmers comme Duch, il y en a des millions au Cambodge.

Cela laisse froid dans le dos pour emprunter une expression utilisée par un autre intervenant de ce forum qui apparemment n'a pas de difficulté à y faire publier tous ses commentaires et dont certains ne sont ni plus ni moins que des pures insanités.
Ecrire un commentaire
Email:
 
Titre:
Nom:
Website:
2 000 caractères restants
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img] 
 
Saisissez le code que vous voyez.

Nous vous remercions de votre commentaire. Votre message pourra être publié sur le site de Ka-set et sera visible par tous les utilisateurs après validation par la rédaction. Veuillez noter que les commentaires dont la longueur dépasse 2 000 signes, espaces compris, ne pourront pas être publiés dans leur intégralité. Pour tout renseignement sur ce service : Cet e-mail est protg contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved."

Pour en savoir plus

"Réfugiés" ou "migrants" climatiques, derrière les mots des enjeux vitaux
Alors que certaines organisations parlent de "réfugiés climatiques", le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) rappelle que le mot "réfugié", tel que défini dans la Convention de Genève de 1951 sur le statut des réfugiés, ne concerne d'un point de vue légal que les personnes ayant quitté le pays de leur nationalité en raison de persécution ou de la crainte fondée de persécution. Selon cette définition officielle, ne peuvent donc être considérés comme réfugiés des individus ayant quitté leur lieu de vie pour des raisons économiques ou environnementales. Les expressions "migrants ou déplacés environnementaux" sont donc utilisés dans le jargon officiel. L'Organisation internationale des migrations (OIM) retient ainsi la définition suivante : “On appelle migrants environnementaux les personnes ou groupes de personnes qui, pour des raisons impérieuses liées à un changement environnemental soudain ou progressif influant négativement sur leur vie ou leurs conditions de vie, sont contraintes de quitter leur foyer habituel ou le quittent de leur propre initiative, temporairement ou définitivement, et qui, de ce fait, se déplacent à l'intérieur de leur pays ou en sortent”. Les enjeux qu'impliquent ces termes et leurs définitions vont bien au-delà des aspects linguistiques : une personne bénéficiant du statut de réfugié a le droit d'être accueillie sur le territoire des pays signataires de la Convention de Genève, droit auquel ne peuvent prétendre actuellement les "migrants économiques" et "environnementaux". L'UNHCR réclame ainsi une réflexion globale sur le statut de ces nouveaux migrants pour assurer leur protection et, éventuellement, se voir confier des responsabilités nouvelles... et les fonds nécessaires.

Egalement sur Ka-set
Kompong Thom © John Vink / Magnum

Mille et une façons de s'adapter aux effets du changement climatique (04-01-2008)

- Concilier business et environnement : le pari du Géres (17-04-2008)

- Pr Lek Sovan : "Les impacts du réchauffement climatique au Cambodge risquent d'être énormes" (05-09-2008)

- Au Cambodge, mise à jour d'une biodiversité exceptionnelle sur une section du Mékong (15-01-2009)

- Ressources naturelles "à vendre" au Cambodge: Global Witness frappe à nouveau (10-02-2009)

 

 
Empower your lifestyle with BlackBerry from Hello