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Etre ou ne pas être khmer : le difficile retour de la diaspora au Cambodge (2/2)
Par Barbara Delbrouck   
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11-09-2009
Qu'en est-il de ces Khmers qui reviennent au Cambodge après avoir grandi à l'étranger ? Se sentent-ils chez eux au pays du sourire ? Quel accueil reçoivent-ils de la population locale ? Après un petit tour d'horizon auprès d'une dizaine de Khmers de l'étranger ayant pris la décision de renouer avec leurs origines, une chose semble claire : le retour n'est pas facile. Certains n'avaient jamais foulé la terre de leurs ancêtres. D'autres, qui y ont passé une partie de leur enfance, ne reconnaissent plus rien. Le Cambodge a changé et eux aussi d'ailleurs. Et la plupart d'entre eux se heurtent à une réalité parfois dure à accepter : ils sont immédiatement perçus par la population locale comme des "étrangers". Une situation vécue de différentes façons : certains trouvent la paix en se considérant d'emblée comme étranger ; d'autres font tout pour "devenir khmer" ; d'autres encore essaient de trouver un équilibre entre leurs différentes identités.


Etranger en son pays
S'il fallait trouver un point commun à tous les Khmers de l'étranger, ce serait probablement le fait qu'ils se sont tous fait, immédiatement, repérer comme "étrangers" par les Khmers locaux, de par leur façon de se tenir, de marcher, de s'habiller, de parler... Une situation qui peut faire sourire au début, mais qui est pour certains source de frustration et d'interrogation.

"Les gens ne me reconnaissent pas en tant que Khmer à cause de mon style pas très local, ma façon de me mouvoir, de bouger, raconte Auray, Français d'origine cambodgienne. Ils hésitent. Peut-être est-ce un Khmer de l'étranger ? Ils ne savent pas trop. Généralement, on me prend pour un Philippin ou un Vietnamien, mais pas pour un Khmer." Auray a quitté le Cambodge quand il avait deux ans. En France, son père lui parlait en français et sa mère en khmer. Il comprend donc le khmer mais ne le parle pas. "J'entendais les gens dire : comment cela se fait qu'il ne parle pas khmer alors qu'il est né au Cambodge ? Au début, c'est marrant, mais à la longue, cela devient pénible. Et tu ne fais même plus l'effort d'expliquer."

L'identité questionnée quotidiennement
Putsata, une Khméro-américaine qui a elle aussi quitté le Cambodge enfant, a été confrontée à ce problème lorsqu'elle a rencontré sa famille : "Ils riaient de la façon dont je marchais, si vite, de la manière dont je parlais khmer… Et sur le moment, j'ai bien ri aussi. Mais après tu réfléchis et tu te demandes : alors suis-je khmère ou américaine ? Comment, moi, est-ce que je me considère ?" Au Cambodge, le moindre acte quotidien renvoie sans cesse Putsata à ses questions identitaires, que ce soit lorsqu'elle prend un tuk-tuk ou quand elle se rend au marché... "Je me demande souvent ce que les autres pensent de moi. Veulent-ils me donner un prix khmer parce qu'ils savent que je suis khmère ou veulent-ils me donner un prix d'étranger parce je viens des Etats-Unis ?"

Ce problème concerne aussi les Khmers ayant grandi au Cambodge mais qui ont dû fuir le pays pour n'y revenir que des années plus tard. Sokal a quitté le territoire cambodgien à l'âge de 15 ans. Il en a aujourd'hui 30 et est revenu pour la première fois dans le royaume en 2009. Tout en ayant le sentiment d'évoluer enfin dans un environnement où il n'était pas physiquement différent de la majorité des gens, il s'est rendu compte qu'il ne passait pas pour autant inaperçu. A Phnom Penh, on s'adressait à lui en chinois ou japonais. "Je me sens quand même un peu étranger dans mon pays", regrette-t-il. "Il y a plein de choses qui font que, partout, on sait que je ne suis pas d'ici." Sokal a tout essayé pour faire en sorte que les Khmers ne remarquent plus qu'il vient "d'ailleurs", mais rien n'y fait. "J'essaie toujours de demander à mes amis ce qu'il faut faire pour être comme les autres, car à chaque fois j'ai droit à des remarques. C'est embêtant. J'ai essayé de m'habiller comme eux, de faire comme eux, mais on sait toujours que tu ne viens pas du Cambodge."

Cette situation est parfois doublement difficile à accepter pour certains Khmers de l'étranger qui, malgré leur intégration dans leur pays d'accueil, ont toujours ressenti qu'ils étaient différents voire mis de côté de par leur origine. Aujourd'hui, ils reviennent au Cambodge avec l'espoir de se sentir enfin "chez eux" et doivent faire face au constat qu'ici aussi, ils sont considérés comme différents.

Pour d'autres, cela ne pose pas de problème. C'est le cas de Davy Chou, jeune cinéaste de 25 ans né en France, et qui assume le fait d'être étranger au Cambodge. "Tu resteras toujours l'étranger. Ce qui est normal et surtout, vrai ! Je suis français et pas cambodgien, insiste le jeune homme. C'est se mentir que de se dire qu'on est cambodgien. On a beau avoir des parents cambodgiens et essayer de parler khmer, on ne s'improvise pas cambodgien. J'ai vécu 25 ans en France, ma façon de penser est française et mes habitudes sont françaises."

Double culture à gérer, identité à trouver
Le fait d'être considéré comme "étrangers" sur la terre de leurs origines implique nécessairement des questionnements identitaires mais contribue aussi, pour certains, à enfin trouver des réponses à des interrogations qui les hantent depuis des années.

Joty Mousar s'est longtemps senti en pleine tourmente identitaire. Cambodgien d'origine cham ayant grandi dans les banlieues en France, il a eu bien du mal à se construire une identité. En France, il ne se sent pas considéré comme Français et, en grandissant, il réalise qu'il n'est pas non plus Cambodgien ni même Cham. "Les Chams en France s'intègrent de trois façons : soit ils deviennent Français, soit ils deviennent religieux [musulmans - NDLR], soit ils deviennent Cambodgiens, explique-t-il. Moi, je me suis toujours construit sur des anti-modèles. Au final, je me suis construit avec mes trois identités et j'ai fait avec. En étant des trois et en étant complètement différent des trois." Joty vit aujourd'hui au Cambodge. Il y a trouvé une famille cham "très cambodgienne", une forme de promotion sociale et un équilibre. "Je parais un peu insolent en étant trop français parfois. Mais les gens comprennent, parce que je n'ai pas grandi ici. Finalement, je suis accepté parce que je ne suis pas cambodgien et j'ai les facilités d'un Cambodgien parce que je parle la langue. Tout ça mène à une stabilité, une sérénité que je n'avais pas en France."

Bowinneth, psychologue pour enfants khméro-néerlandaise, a elle aussi trouvé le salut dans la voie du milieu. Après un séjour de cinq ans au Cambodge, elle prévoit maintenant de rentrer aux Pays-Bas avec son mari et ses deux enfants. "Je suis venue ici pour trouver mes racines mais finalement je les ai trouvées en moi, explique-t-elle. Je suis parvenue à accepter qu'il y aura toujours une tension entre deux cultures et je suis en train de trouver un équilibre. Je suis en paix avec mes deux côtés."

Hisham Mousar a lui trouvé la paix en constatant, puis en acceptant, le fait qu'il était avant tout français. "J'ai le sentiment que la plupart des Français d'origine cambodgienne sont français, estime-t-il. Ils ont été élevés en France, bercés par les contines françaises, la philosophie, la littérature, la langue française ! Ce n'est qu'après qu'on peut se demander s'ils sont cambodgiens ou non. Ce n'est pas quelque chose de spontané. C'est plutôt une démarche personnelle de chacun d'aller vers ses origines."  

Une relation qui demande patience et efforts
Les premiers rapports avec les Khmers locaux ne sont donc pas toujours simples, quand ils ne s'avèrent pas carrément décevants pour ceux qui attendaient beaucoup d'une rencontre fantasmée. Or, pour évoluer, les relations entre Khmers de l'étranger et Cambodgiens locaux exigent du temps et des efforts, particulièrement quand les premiers ne maîtrisent pas la langue khmère. Là aussi, les réactions sont aussi diverses que les personnalités. Certains parviennent à tisser des relations très proches et de réelles amitiés, d'autres y renoncent et assument finalement simplement le fait qu'ils se sentent mieux avec des étrangers.

"C'était dur au début car j'espérais beaucoup de la relation aux Cambodgiens, partage Rapytha, franco-khmère de 40 ans. Mais cela va beaucoup mieux depuis que je n'attends plus rien et que je les prends comme ils sont. J'ai beaucoup changé. Avant, je mettais la barre très haut et j'étais triste que ça se passe mal. Maintenant, je me sens tout à fait acceptée car je ne cherche plus à être acceptée. J'ai des relations avec eux de façon beaucoup plus sereine." Rapytha sait que cette relation requiert encore du temps et des efforts. Mais aujourd'hui, elle estime déjà ne plus être considérée comme une étrangère. Et selon elle, le fait qu'elle parle khmer couramment l'aide énormément.  

Davy Chou se positionne d'emblée lui-même comme un étranger, avide de découverte. Et, en tant que Français, il n'est pas déçu de sa rencontre avec les Cambodgiens, qu'il trouve particulièrement hospitaliers. "S'ils sentent que tu as un vrai intérêt, ils sont très contents de te montrer leur pays : le marché de nuit, comment on s'amuse au Cambodge… Et ma démarche est très ouverte de ce côté-là, on peut s'entendre !" Davy insiste lui aussi sur la nécessité, Khmer de l'étranger ou pas, de s'impliquer beaucoup afin de pouvoir tisser des relations avec les Cambodgiens. A son arrivée, il s'est refusé à côtoyer des étrangers et a décidé, au moins dans un premier temps, de ne lier des relations qu'avec des Khmers et d'apprendre leur langue. "Je suis venu ici avec cette espèce d'idée fixe, presque de 'racisme non cambodgien'. Et ça a marché. J'ai plein d'amis cambodgiens." Ce n'est que presque trois mois après son arrivée qu'il a rencontré d'autres expatriés. "Je pense que c'est le seul ordre possible. L'inverse est plus facile car on a la même langue et la même culture." En quatre mois, c'est surtout avec des étudiants que Davy a réussi à lier amitié : "Je suis plus proche d'eux parce qu'ils ont le même âge, un même niveau d'éducation mais surtout ils parlent anglais, ce qui est indispensable pour qu'on se comprenne et que je puisse continuer à apprendre le khmer".
 
Même si de vraies amitiés peuvent donc être construites avec les Cambodgiens locaux, il faut pour autant accepter qu'elles soient différentes de celles liées avec d'autres étrangers ou Khmers de l'étranger. Ce dont certains s'accommodent plus facilement que d'autres, en fonction aussi peut-être de la part d'identité khmère qu'ils ressentent en eux.

Bowinneth, qui a grandi aux Pays-Bas, a aussi noué des amitiés avec des Cambodgiens au cours de ses cinq années passées dans le royaume. La moitié de ses amis à Phnom Penh sont khmers, des amitiés nées pour la plupart au cours de relations de travail. Amitiés occidentales, amitiés khmères... "Ce sont juste des relations différentes, explique-t-elle. Et je me sens très bien avec ça car ça répond à mon côté khmer. Je pense qu'ils [mes amis cambodgiens] me considèrent comme khmère mais qu'ils sentent aussi que je suis une Khmère de l'étranger."

Pour Rapytha, les différences dans les relations amicales sont aussi liées aux modes de vie. Avec ses amies khmères, elle n'aura pas de grandes discussions, entre confidentes, mais parlera des petites choses de la vie. "Elles ne vont pas se dévoiler complètement, reconnaît-elle. Il y a une énorme pudeur. Mais peut-être est-ce justement parce qu'elles ont le sentiment que je ne peux pas comprendre et que moi je ne vais pas les embêter non plus avec mes états d'âme. Parce que je ne me permets pas d'avoir des états d'âme."

"Je n'ai pas énormément d'amis cambodgiens, avoue pour sa part Joty. Il y a une différence dans ma tête. Dans la manière de vivres les choses." Même chose pour Auray, qui se sent plus à l'aise avec des Français ou des étrangers d'origine cambodgienne.

Une intégration plus laborieuse pour les femmes ?

A ces difficultés, s'ajoute le poids des traditions, plus lourd encore à supporter pour les femmes. Même si les mœurs évoluent, la place de la femme au Cambodge n'est pas la même qu'en Europe, aux Etats-Unis ou en Australie. "C'est plus difficile pour les femmes car quand on vient de France, c'est un recul total, commente Joty. Elles ont moins de droits, celles qui sortent sont mal considérées. Et le regard des uns et des autres est très important ici. Il faut garder l'honneur de la fille."

Une difficulté confirmée par Rapytha, particulièrement vraie dans le domaine du travail. "Je le vois par rapport à mes collègues khmers de l'étranger, le regard des Cambodgiens n'est pas le même sur eux que sur moi. Les Cambodgiens ont une idée assez machiste de la place de la femme dans le travail. En plus si vous avez un peu de responsabilité, en tant que femme de l'étranger, j'ai l'impression que c'est plus dur de faire sa place." Rapytha y est pourtant parvenue. Mais elle prend néanmoins soin de s'habiller de manière à ne pas choquer ses collègues ou ses amis. "Je pense qu'une occidentale peut se permettre des tenues que moi je ne peux pas me permettre parce que je suis d'origine cambodgienne, explique-t-elle. Je ne vais pas aller pique-niquer avec des amis cambodgiens en dos nu. Chose que je me permettrais facilement avec des amis français. Donc je me suis adaptée mais ça dépend avec qui je suis".

Selon Bowinneth, les choses ont néanmoins évolué depuis qu'elle vit ici. "J'ai remarqué que les choses ont changé. Moi aussi, j'ai probablement changé, mais je pense que c'est les deux. A Phnom Penh, les gens deviennent plus ouverts. Sur le plan vestimentaire mais aussi sur le rôle des femmes qui prennent part à la société, font des études…"

Côté amour, s'il est fréquent que des Khmers de l'étranger prennent pour épouse une "locale", les femmes khmères de l'étranger, souvent perçues comme indépendantes et loin de l'image de la parfaite ménagère cambodgienne, sont moins nombreuses à trouver l'âme sœur parmi la population locale. Putsata, khméro-américaine, 35 ans, indépendante, journaliste qui a roulé sa bosse jusqu'en Afghanistan, est ainsi à des années de lumière de l'icône de la "bonne épouse khmère" discrète. Ses parents n'ont d'ailleurs pas chercher à lui imposer un mari. "Trop américaine" pour un Khmer, plaisante même sa mère. Mais elle, serait-elle prête à dire oui à un Cambodgien du pays ? "Je pense qu'il faudrait que ce soit quelqu'un de très particulier pour gérer ça, répond Putsata. Il ne pourrait pas me demander de repasser sa chemise ! Oublie ça !", ajoute-t-elle en riant. Mais à choisir, que préférerait-elle ? Une question à laquelle elle dit n'avoir jamais réfléchi, mais dont la réponse émerge rapidement de son esprit : "Je pense que si j'avais le choix entre deux hommes, l'un Khmer et l'autre non Khmer mais tous les deux également progressistes, je choisirais le Khmer, tranche-t-elle avec assurance. Parce que depuis je suis au Cambodge, il y a cette chose incroyable quand je suis avec ma famille et mes amis khmers : on comprend la même culture, on va rire aux mêmes choses. Et puis, être capable de partager ensemble une langue qui n'est pas l'anglais, qui est notre langue, c'est quelque chose de vraiment fascinant !" Mais, ce mari khmer, "il faudrait qu'il soit vraiment très progressiste !", s'empresse-t-elle de préciser. A bon entendeur...

Le premier volet de cette enquête "Khmers de l'étranger : la nouvelle génération de retour ? (1/2)" a été publié jeudi 10 septembre 2009


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13 Commentaire
Par TEP 2009-09-12 04:28:24
Dès les premiers jours de l'occupation vietnamienne du Cambodge en 1979, la propagande des autorités de la République Populaire du Kampuchea appela les Khmers du pays à se méfier des "Khmers-Anikachun", en clair des "ressortissants" khmers de l'étranger, lesquels "ne rentreraient au Cambodge que pour prendre la place et les richesses" des premiers, sauvés par la lutte patriotique du PRPK (le PPC d'alors)des génocidaires polpotiens. La propagande, apparemment, a fonctionné à merveille jusqu'à maintenant.
Par Poupou 2009-09-14 09:04:57
Je me suis rendu trois fois au Cambodge et je n'ai jamais été témoin directement d'hostilité des Cambodgiens envers les Khmer expats. Avec mon visa "K", gratuit et permanent, je me sentais plutôt courtisé et bienvenu.

Mais je comprends tout à fait que les gens du pays puissent en avoir marre de nous voir. Après tout, nous nous sommes "planqués" pendant toutes ces années alors qu'ils luttent tous les jours pour s'en sortir et ce depuis des années. Et que voient-ils débarquer ? Des Khmers bien gras qui viennent leur faire la leçon de vie. Une condescendance bien familière qui conforte l'idée même que nous disposons des savoirs pour qu'enfin tout aille mieux. En effet, il y a de bons business à faire pour que les bénéfices puissent financer nos maisons de campagne en Normandie...

Il est de notoriété publique que le comportement de certains Khmers d'outre-mer ont été tout sauf exemplaire. Même si celà ne devrait être le fait d'une minorité (sinon, c'est que les Cambodgiens du pays ne sont pas très rancuniers). Cette question a été abordé avec ma famille Cambodgienne. Leur réponse a été sans équivoque mais diplomatique. Oui, nous faisons sentir que nous sommes de l'étranger...comme dans le temps, le temps où les voyages en France n'étaient fréquents que pour les nantis du Royaume ou de la République. Pour autant, ça n'avait pas l'air de les déranger plus que ça...peut-être, la gentillesse, peut-être par politesse.

Que le gouvernement l'ait instrumentalisé c'est de bonne guerre mais dire que les Khmers du Cambodge aient marché c'est de lui donner raison.

Ils se méfient des Cambodgiens d'outre-mer ? Ils ont bien raison !!!
Par Sok 2009-09-14 18:20:50
Je suis français d'origine khmère et ait grandi en France. Je suis allée 2 fois au Cambodge, en 2000 et en 2007. Jamais à aucun moment, les khmers m'ont mal accueilli ! tout juste qu'il s'amuse à me prendre pour un japonais, étant un peu envelopé et portant des lunettes, mais mon aisance en langue khmère et ma joie de me retrouver au pays fait que je me sens bien parmi la population...tout se passe dans la tête et si certains khmers expat se comporte mal comme il peut y en avoir aussi parmi les locaux, il ne faut pas encourager les haines entre khmers...
Par Anonyme 2009-09-15 23:24:28
35 ans déjà que je vis en France, plus de la moitié de ma vie. J'arrivais en France comme refugié politique. Je retournais la première fois au Cambodge en 1991 et depuis presque chaque année en fonction de mes possibilités financières. En 1996, j'exportais le textile du Cambodge vers la France, en 97,avec la crise entre hun sen et ranaridh, j'ai perdu toutes mes affaires ( siem reap et PPenh).
Au début mes camarades d'université de l'époque, ils étaient pauvres ( matériellement ) ils me considéraient comme de vrai khmers, gentil, aimable etc...Maintenant ils sont devenus EXCELLENCE ( èk uok dom ) Ils changeaient de comportements, de ton à mon égard.
TU AS PLEIN DE DOLLARS DANS LES POCHES TU ES KHMER
TU N'ES PLUS KHMER SI TU N'AS PAS DE DOLLAR OU ASSEZ (DE DOLLARS) DANS TES POCHES.

En 2002, je montais une affaire dans le domaine de l'énergie renouvelable. Je recrutais des jeunes, je les formais aux techniques européennes. A peine quelques semaines, tous me demandais des dollars.
Les techniques modernes de production, d'installation de l'électricité, à peine appris sur le tas, ils se prenaient comme une personne très compétente. Après ils me quittaient, j'ai rencontré quelques uns après, leur installations rien de techniques modernes.
Mon impression : quand tu as un ou des intérêts pour les khmers locaux, tu es khmer, tu ne l'es plus( khmer)quand ils n'arrivent pas à tirer profit de toi.
En 2007, j'ai employé des personnels khmers locaux, électriciens, maçons etc... dans la construction de ma future demeure de vieux jours au pays, énormes déceptions. Ils copiaient mes idées et ma façon pour expliquer aux autres propriétaires que ce sont eux qui aménagaient ma demeure, ils faisaient visiter aux autres propriétaires durant mon absence leur oeuvre. Et toutes les fin semaines: dollars dollars. Et portant je cachais toute signes extérieures que je suis venu de France.
Malgré tout je suis toujours Khmer de coeur, j'aime bien mon pays.
Par Anonyme 2009-10-09 11:27:55
Monsieur/Madame,
Le Cambodge a besoin les entrepreneurs, les gens intelligent comme vous. Malgre les degats ou les echecs par la situation politque ou par les gens malhonnetent, bravo a votre esprit entreprendre, a votre courage et a votre gentillesse. Ca me fait chaud au coeur quand vous dite "Malgre tout je suis toujours Khmer de coeur, j'aime bien mon pays". Avec votre courrage, votre intelligent et votre gentillesse, je suis sure que vous riussirez vos projets d'entreprendre et que vous trouverez des bons partenaire ou des bons personnes qui vous aideront pour que vous puissiez realiser vos projets. Je deteste les gens malhonnetent. Je regrette que vous avez rencontre des mauvaise personnes. Je vous rassure, les gens malhonnetent, qu'il y en a partout que ce soient au Cambodge ou en France ou d'ailleurs.

Je crois fortement qu'il y a aussi des gens de bonne volonte au Cambodge pret a travailler/cooperer avec des gens intelligent comme vous. Tous mes souhaits c'est que vous puissez rencontrer ces gens la.
Par Anonyme 2009-09-15 23:34:17
suite.

Je suis toujours Khmer, j'aime mon pays. Je n'ai plus aucun membre de ma famille vivant au Cambodge. Ils tous exterminés ou morts durant le régime Khmer rouge.
La France, c'est ma patrie d'adoption.
A 59 ans, aucune personne, aucune entreprise ne veut de mon service.Que faire!!! Je tourne en rond comme un lion dans une case.
Je rêve toujours de rentrer au pays pour terminer ma petite demeure et vivre mes vieux jours.
et les dollars me manquent, avec ma petite retraite ce sera suffisant ou non je ne sais pas.
Par Anonyme 2009-10-06 16:35:33
C'est d'autant plus vrai quand on a quitté le pays dès son jeune enfance. L'idée de retourné au pays est de plus en plus grand mais à bien réfléchir, il faut dire que je n'ai que "Khmer" que dans mes souvenirs d'enfance de 5 ans jusqu'au avril 1975 - ne comprend plus un traitre mot cambodgien, n'a plus de famille au Cambodge etc... rentrer ou ne pas rentrer telle est l'éternelle question.
Par Anonyme 2009-10-08 15:29:14
Quelque soit la ville ou le pays que vous habitez, je trouve que c'est normal qu'au debut vous etes un etranger!! Comment voulez-vous apres tant d'annee de separation, les choses vont aussi bien comme normalement?

Quand vous commencez un travail dans un entreprise, il est normal d'avoir le temps d'adaptation. Plus l'entreprise est grande, plus le temps d'adaptation sera long. Si vous avez reintegree, apres une long periode de mission a l'etranger par example, dans votre entreprise, a nouveau vous avez besoin le temps d'adaptation, bien que plus courte.

Quand vous voulez demarrer une entreprise, il est normal de prendre le temps necessaire pour faire la demarche administrative, maitriser les aspects technique de votre metier, maitriser le marketting... Sinon, votre entreprise ne marchera pas!

Si vous aimez quelqu'un, il est normal que vous prenez le temps de connaitre la personne... On ne peut pas demander la main ou dire voulez-vous coucher avec moi (excusez-moi pour les mots) pour la premiere fois! Apres tant d'annee de separation par example par un divorce, comment voulez-vous avoir la meme relation qu'avant la separation pour vous et meme chose pour votre epoux(se).

Avez-vous poser la question inverse, cad, etre vous considerer par la population locale de votre pays d'adoption comme l'un de leur? Pour repondre a cette question, je vous invite par example a aller prendre un verre dans un endroit que vous ne connaissez pas auparavant et essayer d'integrer avec les gens sur place.

J'espere que vous avez compris a travers ces reflexions de ce qui est le mieux pour vous.
Par wathsodef 2009-11-16 00:56:32
j'adore!!!!!
Par Sokhou 2009-10-09 14:46:43
Je suis né en France et j'ai grandi avec un non-intérêt du pays d'origine de mes parents. A l'âge de 23 ans, les questions ont commencées à me titiller... A 25 ans, je découvre le Cambodge pour la 1ère fois. Seul. Un énorme choc. 2 ans plus tard, je décidai de m'y installer. J'étais à la recherche de moi-même dans ce pays à la fois rejeté, fantasmé, aimé et détesté. J'ai mis la barre très haut, étais à fleur de peau, prenais tout en pleine face. Jusqu'à ce que j'apprenne à mettre quelques barrières. Je ne me suis jamais senti autant français. Pas khmer, même si bizarrement, tellement de choses m'étaient familières, j'avais sans cesse des impressions de déja-vus, de connaitre ces instants, situations, faciès, atmosphère, odeurs, musique... Étant sino-khmer, je n'ai pas l'apparence des locaux, et je ne maitrise pas non plus la langue car à la maison, nous parlions un dialecte chinois. On me le renvoie sans cesse, à mon plus grand désarroi. Jamais je ne pourrais me faire pleinement accepter par la population locale. Alors, j'ai choisi la facilité. Je fréquentais d'abord les expatriés, et en priorité les khmers de France sur le retour, avec lesquels j'avais l'impression de partager une histoire, démarche et expériences communes. Étrangement, j'ai également souvent senti une pression voir une "responsabilité" sur le fait d'être khmer de France. Soit disant parce que j'étais éduqué en occident, j'en savais plus et je devais "apporter" quelque chose au pays, à la population locale. Le pire, c'est de croire à cette mission et ce devoir! N'en déplaise, j'ai avant tout fait ce voyage pour moi. De plus, je n'ai pas (plus) cette prétention. Au total, j'aurais passé 6 mois merveilleux, tellement intenses et riches, où jamais je ne me autant senti en vie. Après une longue hésitation et un véritable déchirement, j'ai décidé de rentrer. Cette fois, plus complet, conscient et fier de mes origines, de mon histoire, ancré dans le sol car je sais que mes racines s'étendent au ...
Par wathsodef 2009-11-16 00:52:10
Né en France, d'origine cambodgienne, travail pour la france en tant que militaire français, étranger dans mon pays d'origine et dans mon pays natal. Dur!!!! mais je le vis bien du faite que je puisse m'intégrer au deux, marié à une cambodgienne, j'ai vécu 3 ans en Thaïlande dans les camps de réfugiés parce que mes parents faisaient du bénévolats. En moi j'ai trop envie d'aider mes origines de tout faire avec eux, en france ils se prennent trop la tête pour un rien c'est le pays le plus complexe du monde mais je l'aime, je le sais qu'un jour j'irai vivre là-bas surement après ma carrière c'est clair et nette. Mais que répondriez-vous si on vous pose cette question "tu préfère la france ou le Cambodge ?"...
Par cialo 2009-11-26 15:36:23
Je préfère le cambodge pour finir mes séjours. Depuis 16 ans je vis en france. J'aime la france c'est mon deuxième pays qui m'accueuillit et m'apprit des bonnes choses que je n'ai jamais connus au cambodge, il y a surtout la connaissanse de savoir vivre et de la liberté.Mais malgré tous, j'ai horriblement perdue et sentir seule. Mon pays, ma famille , et tous les peuples khmer me manquent.
Je suis intrus dans ce pays.
Par kool 2010-01-14 17:07:08
Article fort interessant sur le problème identitaire d'un certain nombre de Cambodgiens à l'instar des autres peuples tels que les Arméniens ou les Iraniens qui ont vécu longtemps hors du pays. Pour ma part, après avoir vécu plus de 40 ans en France, Ciel merci, je me suis toujours senti Cambodgien, que ce soit en France ou au Cambodge (où j'ai récemment vécu un an). J'ai toujours et totalement assumé mon identité cambodgienne et mes deux distinctes cultures. Ce qui me gêne un peu dans cet article (je l'espère inintentionnel de la part de son auteur?), c'est la distinction linguistique entre les termes "Cambodgien" et "Khmer" quand il parle des "Cambodgiens locaux" et les "Khmers de l'étranger". A aucun moment, j'ai senti cette différence faite par les Cambodgiens dans le pays. Je rappelle que dans la langue khmère la quasi-totalité des Cambodgiens se désigne comme "Khmer" et non "Kampuchea". L'emploi ambigu des termes pourrait inciter plus la différenciation entre, inversons le, les "Khmers locaux" et les "Cambodgiens de l'étranger"...
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